Bordeaux, comme les autres…

C’est le cycle de la vie. Des hauts et des bas. Un jour au soleil, le suivant sous la pluie. C’est ce qui nous fait vivre et anime nos débats. Petit poème pour débuter cet article qui s’annonce pour le moins assez triste. Pourquoi triste ? Parce que Bordeaux l’est. Parce que Bordeaux est redevenu un club banal de Ligue 1. Un club qui disparaît dans le milieu de tableau comme par enchantement, comme si tous les clubs qui réussissaient étaient obligés de redevenir «normaux». Nostalgique du dernier Bordeaux champion de France avec entre autre Gourcuff (celui qui jouait encore au foot) et Chamakh (idem que pour Gourcuff), ce sont aujourd’hui des Poko et Yambéré qui animent la formation Bordelaise, de quoi partir en dépression.

C’était un challenge. Et c’est avec un goût d’échec mais aux saveurs d’expérience réussie que Willy Sagnol a été licencié le 14 mars dernier. L’histoire aura duré un peu plus d’une saison et demi. Il conclut la première en terminant à la sixième place, qualificative pour la Ligue Europa suite aux succès du Paris Saint-Germain dans les deux coupes nationales. Les débuts de Sagnol à la tete de l’équipe avaient été prometteurs où le club stagnait entre la seconde et la 6e place. Les bonnes prestations étaient suffisantes pour atteindre les objectifs en Ligue 1. Comme un sursaut d’orgueil, les Bordelais ont tout de même, sous l’air Sagnol, été quelque peu schizophrènes. Capables durant cette première saison de battre l’AS Monaco 4-1, le PSG 3-2 et l’OM 1-0 à Chaban-Delmas, mais aussi de plus que rater leur match, comme face à l’OL où Bordeaux prit 5-0 avant la trêve à domicile, ou de perdre bêtement des points comme face à Toulouse, défaite 2 buts à 1.

Mais cette saison fut différente. Qualifiés pour l’Europa Ligue, les Girondins avaient à cœur de jouer cette compétition à fond. Dans la poule de Liverpool, Sion et le Rubin Kazan, c’est un Bordeaux avec des regrets qui ne passe même pas les poules. Bons mais souvent rattrapés au score, Bordeaux se fait éliminer et devra se concentrer sur le championnat, pour le mois mal embarqué.

En difficulté en championnat, Sagnol aborde en vain différentes tactiques et tentent même de faire jouer des joueurs à des postes auxquels ils ne sont pas habitués, sans succès. Mais les Girondins ont, à défaut de gagner, commencé une belle collection de fessées dont ils se souviendront. La déroute 6-1 à Nice, 4-1 contre Caen au Matmut Atlantique (pour prendre des claques comme ça à la maison, Triaud n’avait pas du prendre d’assurance habitation), 5-1 à Lille (ça faut le faire quand même), 4-1 contre Saint-Etienne, une nouvelle fois à domicile, et plus récemment encore les défaites 4-1 à Reims et 4-0 à Toulouse, dont cette dernière a été fatale à l’ancien international tricolore. Mais au-delà des résultats, importants bien sur, c’est au niveau du jeu et de l’harmonie, ou plutot du manque d’harmonie au sein de l’effectif que d’autres problèmes subsistent. Des bagarres (entre Sané et Prior), des prestations parfois dignes de district, voire pire. Willy Sagnol n’a donc pas su surfer sur la vague positive de la saison passée et y est lui-même passé.

Mais comme dans chaque club qui subit des résultats pareils sur plusieurs saisons, la faute est à distribuer à tous les acteurs du club. Donc les joueurs ? C’est fait. L’entraineur ? Aussi. Mais il manque la direction et plus particulièrement M. Jean-Louis Triaud. C’est un Président transparent comme les performances Bordelaises qui dirige le club. Un Président qui à l’air (et bon franchement, on en est presque sur) de s’en taper royalement de la situation du club. Aucune communication, un désespoir total en tribune devant les matchs, sans même de taper du poing sur la table pour remettre quelque peu d’ordre dans tout cela. Et pourquoi cette dégringolade ? Parce que ce Bordeaux fait aujourd’hui partie de la majorité des clubs de Ligue 1, sans projet de jeu et projet de club à moyen ou long terme, sans objectif précis à atteindre, se laissant embarquer là ou le vent décide de les amener. Une majorité de club qui en paie le prix lors des compétitions Européennes, même face à des clubs sortis du fin fond de la Finlande, même si journalistes et acteurs des clubs concernés ne comprennent toujours pas comment cela est possible.

La dégringolade du club Girondin depuis le titre de 2009 (qui commence à dater un peu) a donc peut-être trouvé son coupable. C’est un club mythique de notre championnat qui est donc lui aussi tombé dans le piège de la formule type d’une équipe de Ligue 1: «Pas de jeu (parce qu’on a pas «les moyens») + pas d’ambition (ça c’est parce qu’on a la flemme d’essayer) = Pas de résultats». C’est drôle car le PSG, Lyon, Nice et Monaco (seulement dans le projet du club «à la Porto» parce que sur le terrain on frôle le néant) ont tous un projet à moyen ou long terme, dans la formation, la construction de stade (déjà fait pour Bordeaux) et réussissent. De quoi s’inspirer M. Triaud, non ?

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